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Celle que j'attendais

Prix de la meilleure
romance historique 2011

Celle que j'attendais - Bon voyage, mon oncle. Revenez-nous vite ! La voiture disparue, le sourire d'Elissande s'évanouit. Son oncle, elle le hait pour ce qu'il leur inflige, à elle et à sa tante, depuis tant d'années. À Highgate Court où elles vivent coupées du monde, les brimades pleuvent, pourtant il faut jouer la comédie et toujours sourire en l'honneur de ce monstre. Elissande pourrait fuir, mais il n'est pas question qu'elle abandonne sa tante. Alors elle donne le change et espère, jusqu'au jour où elle rencontre le marquis de Vere. Elle n'a que trois jours pour l'épouser avant le retour de son bourreau. Elle ignore que, comme elle, Vere n'est pas celui qu'il prétend être...

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Celle que j'attendais

J'ai lu Aventures & Passions
Version Originale: His at Night
21 septembre 2011 ♦ Poche
ISBN-13: 9782290036099
ISBN-10: 2290036099

Extrait

1

Le marquis de Vere était un homme de peu de mots.

Celle que j'attendais

Pourtant, rares étaient ceux qui le savaient parmi ses amis et relations. Et celui qui l'aurait affirmé aurait déclenché une tempête de rires et de quolibets. Car en société, lord Vere était considéré comme un incorrigible bavard. Qui parlait à tort et à travers.

Aucun sujet ne l'effrayait, pas même le plus abscons, et il était toujours prêt à donner son avis, éclairé ou non. Il pouvait ainsi pontifier des heures durant sur « la préraphaélite » — qu'il pensait être une molécule récemment découverte par la science — ou sur les habitudes alimentaires des tribus pygmées du centre de la Suède.

Lord Vere était aussi un homme qui gardait jalousement ses secrets.

Cette seule idée aurait fait se tordre de rire ses pairs de l'aristocratie londonienne. Allons donc ! se serait-on récrié. Ce moulin à paroles était toujours prêt à régaler la compagnie des détails les plus intimes de son quotidien, sans égard pour les chastes oreilles, ce qui donnait souvent lieu à des moments de cruel embarras pour son entourage.

Il n'hésitait pas à étaler les difficultés qu'il rencontrait à courtiser les jeunes filles de bonne famille. En effet, en dépit de son titre de marquis, il ne comptait plus les rebuffades. Il révélait également avec la plus grande candeur l'état de ses finances personnelles. Son analyse de la question était du reste fort discutable, puisqu'il semblait n'avoir qu'une très vague notion des fonds dont il disposait. Et avec ses camarades du club sportif, il allait même jusqu'à détailler la longueur et le diamètre de sa virilité, des proportions certes enviables, comme avaient pu le vérifier certaines veuves joyeuses qui, de temps à autre, ne refusaient pas quelques galipettes entre les draps en compagnie de ce grand gaillard au physique d'Adonis.

Pour résumer, lord Vere était un sot. Certainement pas un malade mental, pas plus qu'un arriéré : il n'était ni dangereux ni dépendant d'autrui pour la vie quotidienne. Non, lord Vere était juste une andouille. Inculte, prétentieux et bête à manger du foin, il n'avait aucune mémoire, mélangeait les dates et les événements, confondait allègrement les gens, et n'avait d'autre sujet d'intérêt que la mode, la bonne chère et sa petite personne.

Étant néanmoins inoffensif et d'un caractère enjoué, il était plutôt apprécié par ses pairs pour les moments d'intense distraction qu'il leur offrait.

Il n’était pas doué pour le tir, n'avait en tout et pour tout qu'une malheureuse perdrix à son tableau de chasse — et encore, pour avoir pressé la détente par mégarde. Sa maladresse effrayait. Il se trompait toujours de porte, appuyait toujours sur le mauvais bouton, la mauvaise manette, s'égarait sans cesse, que ce soit en ville ou à la campagne, oubliait l'heure, etc.

Il en était ainsi depuis le tragique accident de cheval dont il avait été victime treize ans plus tôt, si bien que nul n'aurait eu l'idée d'établir un lien entre sa personne et certaines affaires criminelles qui avaient défrayé la chronique.

Rares étaient donc ceux qui connaissaient ses activités clandestines au service de la Couronne. Ces quelques initiés se demandaient parfois à quoi pouvait bien ressembler la vie d'un homme qui passait le plus clair de son temps à jouer les abrutis. Mais la question demeurait sans réponse. Car lord Vere était un homme de peu de mots, qui gardait jalousement ses secrets.

Mais, bien sûr, les secrets finissent toujours par s'ébruiter...

Pour lord Vere, le commencement de la fin survint lorsqu'il se fit piéger par une jeune personne d'une lignée aussi douteuse que la morale, et qui, par un étrange tour du destin, n'allait pas tarder à devenir la marquise de Vere.

Sa femme.

C'est Vere qui eut l'idée des rats.

La saison mondaine s'achevait, et Londres se vidait peu à peu. Vere avait accompagné son frère, Freddie — lord Frederick — à la gare un peu plus tôt dans la journée. Lui-même devait rejoindre le Gloucestershire le lendemain. Le début du mois d'août était la période idéale pour débarquer dans une partie de campagne sans y avoir été convié. Il prétendrait avoir bel et bien reçu une invitation, et personne ne lui tiendrait rigueur d'avoir confondu deux noms, car après tout, un de plus ou un de moins quand on est déjà trente...

Pour l'heure, il assistait à une réunion qui avait pour objet Edmund Douglas, heureux propriétaire d'une mine de diamants en Afrique du Sud. Un homme plutôt discret, soupçonné d'être le maître chanteur dans une affaire d'extorsion concernant plusieurs diamantaires de Londres et d'Anvers.

– Cela ne marche pas. Il faut trouver un autre moyen pour s'introduire chez lui, décréta lord Holbrook, le supérieur de Vere, qui n'avait que quelques années de plus que lui.

À l'époque où Oscar Wilde était l'auteur le plus célébré d'Angleterre, Holbrook avait les cheveux longs et cultivait un air d'éternel ennui. Maintenant que Wilde était en disgrâce, les mines blasées de Holbrook s'accommodaient d'une coupe de cheveux plus courte et d'une attitude nihiliste encore plus accentuée.

Vere se servit une part de gâteau de Savoie. Celui-ci, d'une légèreté mousseuse, était juste assez consistant pour qu'on puisse y déposer une cuillerée de confiture d'abricot. Où que se tiennent leurs réunions secrètes — Holbrook avait plusieurs caches réparties un peu partout dans Londres —, la table et le bar à alcools étaient toujours bien garnis.

La petite maison où ils se trouvaient actuellement avait autrefois hébergé une succession de demi-mondaines. D'où la décoration un peu tape-à-l’œil du salon.

Celle que j'attendais

Lady Kingsley se tamponna la commissure des lèvres à l'aide de sa serviette. Fille d'un baronnet et veuve d'un chevalier, elle avait à peu près le même âge que Holbrook, et était encore très séduisante avec ses traits altiers et sa belle chevelure brune.

Dans le monde interlope de l'espionnage, les femmes avaient l'avantage sur les hommes. Afin de passer inaperçus, Vere et Holbrook avaient dû se créer des personnages. Le premier était un cornichon, le second un gommeux débauché que personne ne prenait jamais au sérieux. Mais une femme n'avait nul besoin de recourir à de tels stratagèmes, même si elle affichait l'intelligence acérée de lady Kingsley. Les femmes étaient quantités négligeables de toute façon.

– Je vous l'ai déjà dit, Holbrook, il faut passer par la nièce de Douglas, affirma lady Kingsley.

Holbrook était affalé dans un fauteuil tendu de velours rouge à franges dorées. Il tapota le dernier rapport reçu, qui reposait en travers de sa poitrine.

– Je croyais que sa nièce n'avait pas quitté l'enceinte de la propriété depuis des années ?

– Justement. Mettez-vous à la place d'une fille de vingt-quatre ans, qui devrait être mariée depuis longtemps, et qui est tenue à l’écart de tous les divertissements que propose la bonne société. De quoi auriez-vous le plus envie ?

– D'opium, lâcha Holbrook.

Vere sourit, mais ne fit pas de commentaire. Lady Kingsley leva les yeux au plafond.

– Mais non ! Vous mourriez d'envie de rencontrer des jeunes gens. Autant que la maison peut en contenir.

– Et où comptez-vous trouver une telle collection de fringants célibataires, milady ?

– C’est la partie la plus facile, assura lady Kingsley avec un petit geste de la main. Le vrai problème, c'est que je ne peux pas me présenter à Highgate Court avec une ribambelle de mâles. Cela fait trois mois que je loue la maison la plus proche, et je n'ai toujours pas fait la connaissance de cette fille.

– Vous permettez ? intervint Vere, la main tendue vers le rapport posé sur les pectoraux de Holbrook.

Ce dernier lui lança le document. Vere l'attrapa au vol et commença à le feuilleter.

En 1877, Edmund Douglas avait élu domicile à Highgate Court, un manoir qu'il avait fait construire dans un coin de campagne reculé. Or il s'était révélé impossible d’y pénétrer. Les tentatives de cambriolage avaient échoué. On avait essayé d'infiltrer la domesticité, sans plus de succès. En raison de la santé précaire de Mme Douglas, la famille ne participait à aucune manifestation sociale et ne recevait pas. Bref, les contacts avec l'extérieur étaient limités au strict minimum.

– Et si un accident domestique se produisait chez vous ? suggéra Vere à lady Kingsley. Vous auriez ainsi un prétexte pour approcher la nièce.

– J'y ai pensé. Mais j'ai des scrupules à détériorer le toit ou la plomberie d'une demeure qui ne m'appartient pas.

– Vos domestiques pourraient être tout à coup victimes d'une maladie bien dégoûtante, je ne sais pas, une épidémie de diarrhée, par exemple.

Lady Kingsley adressa un regard horrifié à Holbrook qui venait d'émettre cette suggestion peu ragoûtante.

– Vous n'y songez pas ! Je ne suis pas apothicaire, et je n'ai certainement pas l'intention d'empoisonner mes gens.

– Et des rats ? proposa Vere, pas vraiment sérieux.

Celle que j'attendais

– Des rats ? répéta lady Kingsley avec un frisson de dégoût. Comment cela, des rats ?

– Libérez une dizaine de rats chez vous, et vos jeunes invités s'enfuiront en hurlant. Pour peu que vous ayez l'adresse d'une entreprise de dératisation prête à intervenir sans délai, les rongeurs n'infligeront pas de gros dégâts à votre habitation.

Holbrook se redressa brusquement :

– Excellente idée, mon cher ! Il se trouve que je connais quelqu'un qui élève des rats et des souris afin d'effectuer des expériences scientifiques en laboratoire.

Vere ne fut pas surpris. Holbrook avait parmi ses connaissances tout un tas de gens bizarres.

– Non, c'est une très mauvaise idée ! protesta lady Kingsley avec virulence.

– Au contraire, Vere est un génie, s’entêta Holbrook. Passons à la planification. Si je ne m'abuse, Douglas doit venir à Londres dans deux semaines pour rencontrer son notaire.

– Exact, confirma Vere.

– Cela devrait nous laisser le temps de tout organiser. Considérez que la chose est faite ! conclut Holbrook en s'affalant de nouveau dans son siège.

Lady Kingsley grimaça.

– Je hais les rats !

– Dans l'intérêt de la reine et de la nation, milady, lui rappela Vere avec solennité.

Il se leva et répéta :

– Dans l'intérêt de la reine et de la nation !

Holbrook se tapota la lèvre de l'index :

– À propos, mon cher Vere, je viens d'apprendre qu'un membre de la famille royale était victime d'une odieuse tentative de chantage. Ne pourriez-vous...

Mais Vere se dirigeait déjà vers la porte.

2

Deux semaines plus tard

Mlle Elissande Edgertone se tenait sur le perron de Highgate Court. La pluie ruisselait sur son parapluie noir et le brouillard glacé l'empêchait de voir au-delà des grilles.

On était en août, pourtant, on se serait cru en automne.

Celle que j'attendais

– Bon voyage, mon oncle, dit-elle à l'homme qui lui faisait face.

Elle lui adressa un grand sourire, qu’il lui rendit. Ces marques d'affection ne lui coûtaient pas. Edmund Douglas les exigeait même : « Pas de pleurnicheries dans cette maison, tu m'as bien compris Elissande ? Regarde ta tante. Elle n'a pas la force ni même l'intelligence de sourire. Tu ne voudrais pas devenir comme elle, n’est-ce pas ? »

Toute petite déjà, Elissande savait qu'elle ne voulait surtout pas ressembler à sa tante, ce spectre languissant et éploré. À l'époque, elle ne comprenait pas pourquoi tante Rachel versait tant de larmes. Mais chaque fois que son oncle posait la main sur l'épaule de sa femme pour l'emmener dans sa chambre, Elissande s'échappait de la maison et courait aussi loin qu'elle l'osait, le cœur tambourinant dans la poitrine, au bord de la nausée sous l'effet de la peur et de la colère.

Ainsi avait-elle appris à sourire en toute circonstance.

– Merci, ma chérie, répondit Edmund Douglas, qui ne fit toutefois pas mine de rejoindre sa voiture.

Il prenait un malin plaisir à prolonger les adieux, conscient qu'Elissande n'avait qu'une hâte : qu'il s'en aille.

Le sourire de la jeune femme s'élargit.

– Prends soin de ta tante en mon absence, dit-il encore en levant les yeux vers la fenêtre de la chambre où se terrait sa femme. Tu sais combien elle m'est précieuse.

– Bien sûr, mon oncle.

Sans cesser de sourire, Elissande se pencha et, refoulant son aversion, l'embrassa sur la joue. Son oncle exigeait aussi des effusions publiques, pour sauvegarder les apparences devant les domestiques. Et de fait, ces derniers ne semblaient pas soupçonner la noirceur de son âme. Au village circulaient tout un tas de rumeurs : le vieux Lewis lutinait ses bonnes, Mme Stevenson coupait la bière de ses valets avec de l'eau... Mais tout le monde louait la patience angélique dont faisait preuve ce bon M. Douglas avec son épouse grabataire.

Enfin, il se décida à monter en voiture. Le cocher, tout voûté dans son manteau de pluie, secoua les rênes. Les graviers humides de l'allée crissèrent sous les roues. Elissande agita la main jusqu'à ce que le coupé ait atteint le tournant.

Alors seulement elle baissa le bras et son sourire disparut.

C'est dans le train que Vere dormait le mieux. Il lui était même arrivé de sauter dans l'express qui reliait Londres à Édimbourg pour le simple bonheur de dormir huit heures d'affilée d'un sommeil de plomb.

Le trajet jusque dans le Shropshire était beaucoup moins long, et il fallait prendre plusieurs correspondances. Néanmoins il apprécia le voyage, tout autant que celui qui l'avait emmené dans le Gloucestershire quinze jours plus tôt.

Il s'était rendu là-bas avec pour consigne de récupérer un plan d'invasion que le ministère des Affaires étrangères avait malencontreusement «égaré». Une tâche délicate, dans la mesure où le pays visé était une colonie allemande située en Afrique australe, et que les relations avec l'Allemagne étaient pour le moins tendues.

Vere avait accompli sa mission dans la plus grande discrétion, sans provoquer le moindre scandale diplomatique. Pourtant il n'en avait guère tiré de satisfaction. Il était devenu agent du gouvernement afin d’aider à faire triompher la justice et la morale, pas pour rattraper les bourdes de quelque sombre crétin incapable de garder l'œil sur un document confidentiel.

Mais il fallait avouer que, même après une action d'éclat qui étanchait sa soif d'équité, sa jubilation était de courte durée. Elle était rapidement balayée par un sentiment de lassitude et de vacuité qui pesait sur lui des semaines durant et que même le sommeil le plus réparateur avait du mal à effacer.

À la gare l'attendait la voiture envoyée par lady Kingsley. Durant cette dernière partie du voyage, il contempla les collines verdoyantes qui s'étendaient à perte de vue. Il n'était plus question de dormir, et il ne voulait pas penser à sa prochaine mission.

Edmund Douglas vivait dans un tel isolement que Vere avait dû préparer son intervention avec un soin tout particulier. Pour autant, cette affaire ne différait en rien des autres à ses yeux.

Son regard avait beau errer sur les prairies encore humides de pluie qui scintillaient sous le soleil, dans sa tête, il voyait un tout autre paysage : des vagues qui s'écrasaient contre de hautes falaises blanches, une lande violette, semée de bruyères en fleur, un sentier qui serpentait sur les sommets et s'étirait devant lui, tandis qu'une main fine s'accrochait à la sienne.

Celle que j'attendais

Ce sentier et cette lande qui bordaient la côte du Devon — un lieu d'une beauté exceptionnelle —, il les connaissait par cœur et s'y rendait aussi souvent que possible.

Mais la femme dont il tenait la main n'existait que dans son imagination.

Il connaissait pourtant le bruit de ses pas légers et alertes, ainsi que le chuchotis de sa jupe, qu'il ne percevait que lorsque le vent retombait et que le sentier s'élevait loin du fracas des vagues. Il connaissait la ligne gracieuse de sa nuque, sous le chapeau à large bord qu'elle portait pour se protéger des rayons du soleil. Lorsque sa jaquette ne suffisait pas à la protéger, il drapait son manteau sur ses épaules minces. Ils se promenaient ainsi de longues heures.

C'était une infatigable marcheuse, une douce amie, sereine, bienveillante ; et la nuit, une amante pleine de tendresse.

Les fantasmes sont comme des prisonniers. On risque moins de les voir se révolter si on leur permet de se défouler de temps en temps. Alors il pensait à elle, très souvent : quand le sommeil s'obstinait à le fuir, quand il rentrait chez lui, fourbu, proche de l'hébétude, redoutant de retrouver le silence et la solitude dont il s'était pourtant langui. Elle veillait sur lui, l’entourait d’un cocon d’amour immuable. Il suffisait qu’elle pose la main sur son bras et, déjà, il se sentait mieux. Son cynisme s'apaisait et il oubliait ses cauchemars.

Il n'était pas fou au point de lui donner un nom ou de visualiser son visage en détail. Ainsi, il pouvait espérer la reconnaître un jour dans une salle de bal bondée, en la personne d'une piquante brune ou d'une timide blonde. Il avait néanmoins eu la faiblesse d'imaginer son sourire. Un sourire adorable, dont la vue suffisait à l'inonder de bonheur.

Certes, cela n'arrivait pas souvent, car ce sentiment ne lui était guère familier. Mais quand la femme de ses rêves souriait, dans son cœur, il avait de nouveau six ans et vibrait de cette émotion intense qui l'avait submergé lorsqu'il avait couru vers l'océan pour la première fois de sa vie.

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